photo : HCR/Roger Arnold

Le migrant, le demandeur d'asile, le réfugié... Mais quelle différence ? 

Qu'est-ce-qu'un migrant ? 

MIGRANT

 

Il n’existe pas de définition juridiquement reconnue à l’international du terme ‘migrant’. Toutefois, le migrant est communément toute personne qui quitte son pays d’origine pour rejoindre un pays étranger et y vivre de façon temporaire ou permanente, quelles que soient les causes et le caractère (volontaire ou non volontaire) du déplacement et quelle que soit la durée du séjour. Dès lors une personne peut être conduite à se déplacer en dehors de son pays pour différentes raisons ; exercer ou rechercher un emploi, rejoindre les membres de sa famille, étudier ou encore fuir la pauvreté, des catastrophes naturelles ou encore des violences diverses.

En 2018, l'Organisation Internationale pour les migrations déclarait 43 694 migrants vers l'Europe

3,2 millions de demandeurs d’asile dans le monde en 2015 (Rapport des Nations Unies de 2015)

Qu'est-ce-qu'un demandeur d'asile ? 

DEMANDEUR D'ASILE

 

C'est une personne qui a quitté son pays d’origine du fait de persécutions et/ou d’atteintes graves aux droits humains et qui demande à un autre État la protection inhérente au statut de « réfugié ». Le demandeur n’a pas encore été reconnu comme réfugié et attend donc le traitement de sa demande par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en première instance et par la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) en seconde instance. Si le statut de réfugié n’est pas accordé, cette personne pourra être renvoyée dans son pays d’origine, tout en veillant au respect des principes d’équité et de dignité de la personne humaine.

Qu'est-ce-qu'un réfugié ? 

RÉFUGIÉ 

Le réfugié se retrouve en dehors de son pays d’origine en raison d’une crainte d’être persécuté à cause de sa race, nationalité, religion, opinions politiques ou de son appartenance à un certain groupe social. Par conséquent, tous les réfugiés sont migrants, mais tout les migrants ne sont pas réfugiés puisque tous les demandeurs d'asile n'obtiennent pas le statut. 

En 2017 ? "Plus de 68 millions de personnes déracinées" selon le Haut Commissariat aux réfugiés

Selon Eurostat 198 500 mineurs migrants non-accompagnés sont entrés en Europe pour y trouver asile entre 2008 et 2017

Qu'est-ce-qu'un mineur non-accompagné ? 

MINEUR MIGRANT NON-ACCOMPAGNE 

Le mineur migrant est toute personne âgée de moins de 18 ans qui se déplace vers un État dont il n’est ni citoyen, ni résident. L’expression « mineur migrant non-accompagné » englobe tout enfant ou jeune personne (défini comme tel par la Convention internationale des droits de l’enfant), sans représentant légal l’accompagnant et, par la même occasion, pouvant se retrouver isolé, c'est-à-dire ne pas bénéficier d’encadrement sur le territoire de l’État d’accueil.

Quels sont les exemples de risques subis par ces personnes humaines ?

Selon le projet de l'OIM sur les migrants disparus, en 2017, 6142 décès et disparitions de migrants ont été recensés à travers le monde

Disparitions des migrants

DISPARITION 

Qu’ils disparaissent lors de leur trajet en mer pour rejoindre l’Europe en passant par la Méditerranée, en tentant de gravir les Alpes italiennes pour arriver en France ou en fuyant l’Amérique centrale pour aller aux États-Unis, les disparitions de migrants sont désormais chose courante.

 

Si l’ont fait souvent référence aux migrants d’Afrique et du Moyen-Orient qui échouent en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe à bord de bateaux de fortune, une étude réalisée par l’organisation mexicaine Movimiento Mesoamericano Migrante fait cependant état de plus de 70.000 migrants disparus au Mexique entre 2006 et 2016, des chiffres alarmants qui prouvent encore une fois que le trafic d’êtres humains est un fléau dans les zones de grande migration.

La violence structurelle

LA VIOLENCE STRUCTURELLE

La violence structurelle est une forme de violence provoquée par les structures ou les institutions d’une société. Elle ne résulte pas d’actes individuels de brutalité mais émane du système ou des conditions politiques. Elle découle du clivage entre le centre et la périphérie. L’exemple le plus frappant vient d’Amérique où le NAFTA a eu pour effet de précariser les travailleurs mexicains. Dans le même temps, les contrôles aux frontières avec les Etats-Unis s’étant intensifiés, les travailleurs ne pouvaient pas quitter leur pays mais ne pouvaient pas non plus y vivre. Ainsi, indirectement, le NAFTA a provoqué la mort de nombreuses personnes, sans que personne n’ait du sang sur les mains.

D'après le Journal on Migration and Human Security "This structural transformation forced many people to leave rural communities throughout Mexico in search of work [...] across the border in the United States"

En 2016, à travers les 2 500 000 migrants passés entre les mains de passeurs, le trafic aura rapporté entre 4,7 et 6 milliards d’euros selon l’étude produite par l’UNODC.

Passeurs

LE PASSEUR

Une personne (ou des réseaux organisés) qui fait passer clandestinement une frontière, une zone interdite, des lignes ennemies à quelqu’un (ou quelque chose). Les passeurs souvent regroupés au sein de filières plus larges constituant des “organisations criminelles” sont le moyen principal d’immigration irrégulière. Au regard des conditions inhumaines et dégradantes mais aussi des violations manifestes des Droits Humains dont sont victimes les migrants au sein de ces trafics extrêmement lucratifs, on peut qualifier ces organisations et leurs passeurs de “nouveaux esclavagistes des temps modernes.”

Pourtant, laisser ces êtres humains en migration risquer leur vie et/ou mourir est-il permis en droit international ? 

« Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Ce droit doit être protégé par la loi. Nul ne peut être arbitrairement privé de la vie. » (Article 2 de la Déclaration universelle des droits de l'homme)

Le droit à la vie

LE DROIT A LA VIE

Le droit à la vie est le droit des droits. Sans lui, aucun autre ne peut exister et la violation de tous les droits civils, politiques, économiques et sociaux des individus concoure à un risque pour leur vie ; donc à la violation de leur droit à la vie. Défendu notamment par la Déclaration universelle des droits de l'homme, par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par la Convention européenne des droits de l'homme ; ce droit est suprême et ne saurait admettre de dérogations; quelle qu'elles soient. Donc, que ce soit au niveau européen ou international, aucun Etat n'a le droit d'avoir un comportement qui impacte directement ou indirectement le droit à la vie de tous les être humains et ce de manière indiscriminée.

Pour aller plus loin dans vos connaissances, nous vous conseillons les liens suivants : 

01/

L'Organisation Internationale pour les Migrations

Tous les termes clés liés à la migration vous ont expliqués en détail ici : 

SITE OFFICIEL

02/

La Déclaration universelle des droits de l'Homme

Pour consulter la Déclaration c'est par ici : 

LA DÉCLARATION EN LIGNE

03/

Le Haut commissariat aux réfugiés

Pour comprendre les statuts des réfugiés de manière plus détaillée c'est : 

SITE OFFICIEL

04/

EUROSTAT : les statistiques européennes

Population: démographie, projections, recensement, asile & migration — Vue d'ensemble : 

SITE OFFICIEL

05/

Comité des Nations unies des droits de l'Homme

Pour consulter la Déclaration c'est par ici : 

LA DÉCLARATION EN LIGNE

06/

Rapport "Mort illégale de réfugiés et de migrants"

Pour consulter la Déclaration c'est par ici : 

LA DÉCLARATION EN LIGNE

07/

La Cour européenne des droits de l'Homme et le Conseil de l'Europe

Pour consulter la Déclaration c'est par ici : 

LA DÉCLARATION EN LIGNE

08/

Victoire Le Feuvre, Étamine Nollet, Pauline Lacroix et Mathilde Muller, "Rapport 2018 de la l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne : un bilan mitigé mais résolument optimiste"

Pour consulter la Déclaration c'est par ici : 

LA DÉCLARATION EN LIGNE