Le chaos yéménite: une population au cœur de l'impasse internationale

Mis à jour : 7 août 2019


Au Yémen il n’y a pas de droit, pas d’obligations, pas de sanctions. Vidée de son humanité, l’ancienne Arabie heureuse est aujourd’hui laissée au sort de sa population abandonnée. Le conflit yéménite, se retrouve plongé dans un immobilisme dangereux qui se révèle être un conflit complexe où s’entremêlent religion et géopolitique.


Conflit tribal, devenu régional le Yémen est aux confins d’enjeux stratégiques. Plus qu’une guerre civile dont les populations sont au premier plan, il s’agit désormais de la démonstration de force d’acteurs initialement étrangers au conflit, qui utilisent le Yémen en toile de fond.


Retour sur un conflit complexe, terre d’accueil aux mains de différents acteurs.


« Ce n’est pas un chaos silencieux (...) les gens passent et ne veulent pas entendre. Une guerre c’est un pays que l’on n’entend pas, il n’est pas silencieux, c’est juste qu’on ne l’entend pas. Voilà le Yémen je crois »[1].

Par ces quelques mots, Nabil Subay, journaliste yéménite en exil nous démontre l’ampleur de sa détresse face son pays délaissé par la communauté internationale.


Après des millénaires d’imamat zaydite, école religieuse rattachée au chiisme, l’élan réformateur engagé par l’imam Muhammad Al-Badr est coupé par Abdallah al Sallâl, chef des gardes ouvrant le feu sur le palais du souverain, laissé pour mort. C’est en 1962 l’irruption de la République au Yémen, au cœur du tissu monarchique arabique. Le pays vivra une intense guerre civile opposant monarchistes et républicains [2], qui l’emportent. Le droit yéménite est alors essentiellement basé sur le droit islamique. Historiquement complexe, le territoire yéménite tend à s’unifier en 1990 avec la fusion du Yémen Nord, majoritairement zaydite et du Yémen Sud, majoritairement sunnite. La République yéménite et sa capitale Sanaa reste un nouvel Etat fragile, éprouvant de lourdes difficultés à étendre sa souveraineté sur l’ensemble du territoire.


Aidé par les dynamiques du printemps arabe, le conflit éclate. Le président au pouvoir depuis 1978, Ali Abdallah Saleh est renversé par l’insurrection en 2012 (révolution yéménite) [3]. Abd RabbuMansour Hadi, de confession sunnite est alors élu. Depuis 2004 et l’assassinat de leur chef par l’armée, les Houthis : insurgés zaydites, sont entrés en conflit avec le pouvoir central. Ces rebelles ont une devise pour le moins explicite : "Dieu est grand, mort à l'Amérique, mort à Israël, malédiction pour les juifs, victoire à l'islam".


En effet, depuis toujours au Yémen, les élites tribales, politiques et religieuses s’opposent les unes aux autres pour l’obtention du pouvoir [4]. Voyant dans ce changement de présidence une redistribution des cartes, les Houthis dénoncent à Sanaa leur marginalisation et demandent sans succès plus d’autonomie. En 2014, les rebelles lancent l’offensive de leur fief au Nord vers la mer, ils parviendront à gagner le sud et à s’emparer de Sanaa en 2015, la capitale. Associés aux loyalistes, partisans de l’ancien président Saleh renversé, les Houthis progressent jusqu’à contrôler l’ouest du pays. Les rebelles sont alors en possession d’infrastructures stratégiques, de routes, d’aéroports et de bases militaires. Le gouvernement Hadi après s’être réfugié dans le sud du pays à Aden, s’exile à Ryad.


Le président légitime Hadi déclenche depuis Ryad l’opération tempête décisive le 26 Mars 2015, menée par une coalition militaire arabe réunissant 9 pays : Egypte, Jordanie, Soudan, Maroc, Emirats Arabes Unis, Koweït, Bahreïn, Oman et Qatar, (qui depuis a quitté la coalition). Son gouvernement a depuis toujours bénéficié du soutien de la communauté internationale.


MOHAMMED HUWAIS / AFP PHOTO / Les combattants rebelles inspectent les dégâts après une attaque aérienne de la coalition à Sanaa visant le palais présidentiel– 5 décembre 2017 / Source : https://brewminate.com/saudi-arabias-war-in-yemen-has-failed/

Le conflit, par le soutien de l’Iran chiite aux rebelles Houthistes, fait du Yémen un point de tension d’une guerre froide régionale avec l’Arabie sunnite[5].


En réaction aux manifestations pro-Houthis et pro-Saleh à Sanaa qui rassemblent des dizaines de centaine de milliers de yéménites, les Houthis ne faiblissent pas et proclament en octobre 2016 un gouvernement non reconnu par l’ONU mené par Abdel Aziz Ben Habtour. Le conflit yéménite s’est également vu amplifié par la menace djihadiste d’Al Qaïda dans la Péninsule Arabique (environ 2500 hommes) et de l’Etat Islamique (environ 400 hommes) dans une moindre mesure. Le chaos et l’absence de puissance étatique sont favorables à la prolifération de ces groupes.


Dès lors, le conflit déjà régionalisé, s’internationalise par l’entrée des Etats Unis luttant contre la présence terroriste orchestratrice d’attentats en Occident. En avril 2017, le Pentagone accroit une nouvelle fois ses attaques sur les positions d’Al Qaïda en fournissant à la coalition saoudienne des cargos remplis d’armes. La flotte américaine est alors renforcée en mer Rouge, de nombreuses attaques de drones sont effectuées et quelques opérations terrestres sont à noter. Washington voit dans cette intervention l’opportunité d’écraser le groupe terroriste dans la Péninsule Arabique. Les Etats Unis dépassent le cadre de leur mission antiterroriste en octobre 2016, alors qu’un navire de guerre américain est attaqué dans les eaux internationales par des rebelles Houthistes. Le Pentagone affirme que les rebelles paieront le prix de leurs attaques. En 2017, les Etats-Unis ont transférés quatre détenus yéménites incarcérés à Guantanamo vers l’Arabie Saoudite. Dès lors, des officiers américains seraient directement chargés de la planification de certains raids de la coalition sunnite au Yémen.


Le conflit yéménite est avant tout une guerre par procuration entre les deux puissances rivales de la région : l’Arabie Saoudite et l’Iran. Alors que Téhéran affirme lors du sommet de la ligue arabe en 2015 qu’il ne s’ingérerait pas dans les affaires intérieures de ses voisins, l’implication iranienne au côté des Houthistes ne fait plus de doute. En effet la théocratie chiite inspire les rebelles. Le Yémen, pays dans lequel la coexistence chiite et sunnite a longtemps été la norme[6], est aujourd’hui le terrain d’affrontement de ces deux puissances en dehors de leurs frontières. Damas et Sanaa sont alors deux fronts au cœur de cette lutte dans le Moyen Orient.





Au milieu de cette ancienne rivalité pour étendre leurs aires d’influence, la rébellion chiite yéménite a été vécue par Ryad comme la montée en puissance de l’Iran à sa frontière sud. Engagé dans une propagande anti-chiite extrémiste, l’Arabie Saoudite a toujours vu le Yémen comme une région fragile à sa frontière, comme une extension de sa politique intérieure.


C’est alors sous un prisme religieux, mais aussi politique qu’il faut envisager le conflit yéménite passé d’une guerre civile à régionale subissant l’intervention internationale.


Le ravageant conflit yéménite fait l’objet d’un black out, un silence assourdissant de la communauté internationale en général [7]. Le Yémen est ignoré. En partie justifiée par l’absence d’image, la guerre peu relatée dans les médias est alors effacée par le conflit syrien omniprésent. En effet, le Yémen est un pays peu connu dont l’histoire est plus complexe que le conflit faisant rage à Damas. De plus, contrairement au conflit syrien, la guerre yéménite ne produit que peu de réfugiés, très peu ont les moyens de sortir du pays. Aussi, ce silence français peut être expliqué par la présence de l’Arabie Saoudite alliée. Par ses révélations, le journal Disclose a forcé le dialogue.


Selon l’ONU, plus de 10 000 civils ont été tués depuis le début des frappes de la coalition. Ce chiffre reste bien curieux en pleine guerre, alors qu’un million de yéménite souffrent de l’épidémie de choléra [8]. Si pour la Syrie la majorité des pays occidentaux dénoncent les violences et le régime d’Assad, ces mêmes pays continuent la vente d’armes fournies aux bourreaux yéménites. Un autre intérêt se profile ici, il faut protéger la circulation dans le détroit de Bab Al-Mandeb, menant par la Corne d’Afrique jusqu’au Canal de Suez et Djibouti. C’est par ce détroit très stratégique que circulent environ 3,4 millions de barils par jour[9], et environ 40% du commerce maritime mondial [10]. L’Iran, qui a les mains sur le détroit d’Ormuz contrôlerait, via l’action rebelle houthiste sur le détroit de Bab-Al-Mandeb, une route du pétrole saoudien.

Les yeux de l’ONU se sont posés relativement tôt sur le Yémen. Si la communauté internationale a rapidement compris les intérêts en jeu dans la région, celle-ci s’est pourtant largement concentrée sur la résolution du conflit syrien. C’est alors par l’intervention de diverses résolutions au contenu restreint que l’ONU posera, en vain, les instruments de sa politique au Yémen. Dans ce contexte complexe de guerre confessionnelle, territoriale et régionale, l’organisation mondiale peine à affronter le regard du peuple yéménite. Ce positionnement lui vaut alors de vives critiques, portées aussi bien par le milieu associatif, journalistique que diplomatique qui s’efforce désigner le Yémen comme un terre coincée dans un imbroglio qui la dépasse.


L’insuffisante réponse onusienne : un embargo fissuré.


De 2011 à aujourd’hui : analyse de huit ans de résolutions du Conseil de Sécurité.


Largement délaissé, le conflit yéménite est le lieu d’affrontement par procuration des enjeux réels de la Péninsule Arabique. Moins regardé que son cousin syrien, c’est pourtant au Yémen que se jouerait la redéfinition des rapports au Moyen-Orient [11]. Aux dires du président légitime Hadi, sans l’opération Tempête décisive, quatre jours auraient suffit à faire du Yémen un territoire iranien. En effet, après la prise de la capitale par les Houthis en 2014, Téhéran déclare contrôler quatre territoires en lutte pour la révolution iranienne : Beyrouth, Bagdad, Damas et désormais Sanaa.


C’est au cœur de cette guerre complexe et fragmentée que le Conseil de Sécurité a depuis 2011[12] tenté d’immiscer un processus de négociation entre les parties. Dès le 23 septembre 2011 et alors que le président Saleh est encore au pouvoir, le Secrétaire Général demande aux parties de nouer un dialogue constructif pour parvenir à un règlement pacifique, huit ans plus tard, cette ambition n’est toujours pas réalisée. Dans cette résolution, le Conseil de Sécurité accompagné du Conseil de Coopération du Golfe dénonce le recours à la force par le gouvernement sur de nombreux manifestants non armés et condamne les violations persistantes des droits de l’Homme.


Le président Saleh se voit rappeler l’obligation de protéger sa population. Intervient alors la vague du printemps arabe, singularité au Yémen : l’homme fort Saleh (contrairement à ses homologues tunisien, égyptien ou libyen) est simplement mis à l’écart, son parlement lui accordera l’immunité [13]. Dès lors, celui-ci ne se prive pas d’intervenir de nouveau au côté des rebelles dans les affaires politiques de son pays. Selon différents analystes, le représentant des Nations-Unies aurait fait preuve de naïveté (qui se paiera cher) en pensant qu’après trente trois ans de pouvoir clientéliste l’ancien dictateur s’écarterait. A l’initiative de l’organisation mondiale s’ouvre en mai 2011 avec le Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe une grande conférence à Ryad pour résoudre la crise yéménite.


Un mécanisme ambitieux de transition politique en deux temps est élaboré sous l’égide de l’ONU. Le président sunnite Hadi fraichement élu prend alors la tête du pays, largement poussé par ses voisins saoudiens de même confession. Enfermé dans un délai de deux ans, la mission de rédiger une nouvelle Constitution yéménite est confiée à une Conférence de Dialogue National aux côtés d’une Commission de Rédaction (largement influencée par le représentant onusien). Etablie par la résolution 2051[14], une nouvelle conférence pose l’idée de séparer le pays en cinq régions. C’est ce projet qui fera imploser la colère des Houthis qui réclament plus d’indépendance et se refusent à être enclavés sans accès à la mer Rouge. Absents des accords de transition de Ryad, les Houthis mettent en marche une escalade suicidaire vers la violence coupant l’optimisme de ce processus de reconstruction. Ce projet déconnecté des réalités yéménites amène à se poser la question de l’adaptation d’un projet démocratique occidental, qui même s’il était porté dans la seule République de la péninsule arabique [15], ne pouvait pas réaliser un fédéralisme à l’irakienne. Pour autant, cette transition politique restera le cheval de Troie de l’action onusienne au Yémen. Dès 2012 dans sa résolution, le Conseil demande la « cessation des actes visant à porter atteinte au Gouvernement d’unité nationale et à perturber la transition politique » et se déclare « prêt à envisager de nouvelles mesures, y compris en vertu de l’article 41 de la Charte ».


Cette menace se réalisera le 26 février 2014, lorsque le Conseil par sa résolution 2140 vient pour la première fois agir en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations-Unies et qualifier la situation comme constitutive d’une menace contre la paix et la sécurité internationale[16]. Alors qu’elle rappelle la procédure visant au déroulement de la transition politique, la résolution vient prévoir des mesures supplémentaires à savoir la création d’un comité de sanction veillant au respect du gel des fonds à destination des Houthis (paragraphe 11 et alinéa b) du paragraphe 21) et de l’interdiction de voyager (paragraphe 15). Si le Conseil de Sécurité et le gouvernement français continuent de soutenir le gouvernement Hadi en exil en Arabie Saoudite, certains experts invoquent son incapacité depuis l’étranger à réunifier le Yémen.

Les textes onusiens se contentent d’être une liste de préoccupations, l’ONU continue par ses résolutions de plus en plus courtes et amendées[17] de déplorer les mesures unilatérales des Houthis ne participant pas de bonne foi aux négociations engagées. La pièce maitresse du jeu onusien au Yémen intervient dans la résolution 2216[18] : un embargo sur les armes fondé non pas sur la géographie mais sur ses destinataires est prévu[19]. Sont alors visés expressément (en annexe à la résolution) par cette interdiction Abdul Malik al-Houthi et Ahmed Ali Abdullah Saleh et par extension leur groupe respectif à savoir les rebelles Houthis et ses alliés les fidèles de l’ancien président.


Au point 19 est évoqué la violation de l’embargo, possiblement constitutif d’être un acte menaçant la paix et la sécurité. Jusqu’à lors, ces sanctions ne sont que la démonstration de condamnations symboliques des Etats dans l’illégalité. Reconduite par différentes résolutions[20], il faut pourtant acter de l’inefficacité de cette politique onusienne largement critiquée. Jusqu’à aujourd’hui, aucun réel progrès pacifique n’a été fait au Yémen et la politique est toujours tournée vers l’affaiblissement de ces « forces internes qui ont vendues leur âme »[21]. Dans l’impasse, l’ensemble des parties au conflit est convaincu d’obtenir la victoire militaire leur épargnant l’éventualité d’une négociation politique. Au cours de 2015, plusieurs cessez-le-feu ont été négociés à Genève, mais ceux-ci sont régulièrement violés. En Janvier 2016, le gouvernement yéménite légitime avait même décidé après y avoir renoncé d’expulser le représentant des Nations-Unies. Ismail Ould Cheik Ahmed, envoyé spécial du Secrétaire Général pour le Yémen s’est même vu banni par les Houthistes à la suite d’une attaque contre son convoi à Sanaa le 25 mai 2017.


MOHAMMED HUWAIS / AFP PHOTO / Combattants houthis sur le site d’un bombardement aérien de la coalition emmenée par l’Arabie Saoudite près du palais présidentiel à Sanaa – 5 décembre 2017 / Source : https://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/guerre-au-yemen-la-france-viole-le-traite-sur-le-commerce-des-armes-20-03-2018-2203928_53.php

Le 28 septembre 2018, la mission des experts en charge de l’enquête sur les éventuels crimes internationaux commis au Yémen a été prolongé pour un an. Les efforts de l’opposition menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis qui menaçaient économiquement les Etats soutenant cette proposition n’ont pas été suffisants. La coalition arabe défendait un projet déposé par la Tunisie : celui de laisser la responsabilité de l’enquête aux mains du gouvernement Hadi. Quelques semaines plus tard, une unité semble se dessiner au Conseil de Sécurité autour d’une avancée qui se faisait attendre. Par sa résolution 2451 du 21 décembre 2018[22], il vient approuver l’accord de Stockholm mené par Martin Griffiths, envoyé spécial de l’ONU. En Suède, une trêve locale relative au port d’Hodeida a été conclue entre le gouvernement yéménite et les rebelles. Lieu stratégique pour le transit de l’aide humanitaire, il fût convenu du redéploiement des combattants en dehors de la ville et de l’envoi d’observateurs civils au Yémen[23].


L’optimisme de ces avancées ne tient pourtant qu’à un fil. Sous menace de véto américain, toute mention dans la résolution des violations du droit humanitaire s’est volatilisée. Depuis c’est l’immobilisme qui entrave toute résolution de conflit.


Il y a encore quelques jours, les rebelles ne semblaient pas vouloir quitter le port [24]. Pourtant, 4 mois après l’Accord de Stockholm les Houthis reviennent sur leur position. Depuis samedi 11 mai, ceux ci semblent prédisposer à évacuer Hodeida, véritable ligne de vie du Yémen. Sous le regard plein d’espoir de la communauté internationale et pour la première fois, les Houthis annoncent consentir et respecter les termes de l’Accord. Ces efforts sont accueillis avec scepticisme par le gouvernement yéménite toujours en exil.


Muanmar al-Iryani, ministre de l’information yéménite dénonce :

« Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est une mise en scène, un groupe de miliciens a quitté la ville et ils ont été remplacés par d’autres, vêtus d’habits appartenant aux garde-côtes »[25].

Un tel retrait serait pourtant un pas important vers la paix au Yémen. Après huit ans de résolutions, les efforts onusiens semblent enfin porter leurs fruits.


La violation de l’embargo par l’Iran sous protection russe.


Entre août 2016 et 2017, les chiffres de l’ONU rapportant des décès dans la zone n’ont pas changés. Malgré la famine, le choléra et les bombardements, personne ne semble mourir au Yémen[26]. Un rapport essentiel établi par le groupe d’expert onusien indépendant en application du paragraphe 6 de la résolution 2342 [27] pose de lourds indices de violations de cet embargo.


Du matériel technique pour missiles balistiques à courte portée et des véhicules aériens téléguidés ont été saisis en provenance de l’Iran. Ainsi, malgré ces mesures, les rebelles disposent toujours de ressources visant une Arabie vulnérable. Ce rapport démenti les propos de la coalition, qui affirmait avoir réduit à néant les stocks de missiles Houthis. Dans cette lignée, plusieurs convois de navires iraniens en route vers le golfe d’Aden (au sud du Yémen) auraient été saisis par la coalition et les Etats-Unis le 26 septembre 2015 sur un bateau de pêche au pavillon iranien transportant 72 missiles antichars. Une liste entière de ses saisines (à relativiser) est communiquée par les autorités saoudiennes, se félicitant de retarder les volontés iraniennes de faire des milices Houthistes « un nouveau Hezbollah »[28].


Le rapport onusien confirme néanmoins ces propos. Plusieurs mines de fabrication iranienne ont été retrouvé dans les eaux émiraties, le commerce de drones civils iranien facilement militarisables et de citernes de produits chimiques dangereux rentrent bien sous le coup du paragraphe 14 de la résolution 2216.


Dans cette guerre régionale au caractère confessionnel, les Houthis seraient un intermédiaire d’extension de l’influence iranienne. Entrainés, financés et soutenus par Téhéran, la violation de l’embargo apporte dans le territoire yéménite des armes servant potentiellement à attaquer les flottes américaines ou l’Arabie Saoudite.


MAAD ALI / ZUMA WIRE / LIVE NEWS / Combattants houthis à Sanaa lors d’une attaque des forces de la coalition / Source : https://orientxxi.info/magazine/tous-ceux-qui-veulent-que-la-guerre-au-yemen-continue,2713

Une sanction paraît peu envisageable la Russie posant son véto [29] sur la condamnation et toute référence à l’Iran dans les résolutions largement amendées. Ainsi lors des négociations de la résolution 2451, dernière en date, les Etats-Unis ont insisté pour mentionner l’Iran comme violateur de l’embargo. La Russie est une nouvelle fois intervenue par la menacer d’utiliser son véto. A la recherche d’un compromis, Téhéran a finalement été retiré. Ce Yémen fragile, proie historique des ambitions régionales favorise aussi le lit des groupements terroristes, faisant du Yémen le « laboratoire d’un avenir sombre »[30] par l’installation à l’Est et au Sud sur les terres désertiques d’un important front contre AQPA. Ce vide sécuritaire fait du pays le plus pauvre de la péninsule le terrain d’affrontement d’une compétition qui le dépasse. Si AQPA[31] ne contrôle plus aucune ville au Yémen, Daesh est très ancré pour frapper la coalition arabe.


La violation du droit humanitaire : seul point commun aux parties.


La coalition arabe: entre blocus, crimes de guerres et crimes contre l’humanité.


La coalition arabe est la première concernée par les allégations de violation du droit international humanitaire. Contribuant largement à l’aide humanitaire, Ryad est particulièrement visée des accusations de blocus, affamant la population yéménite aveuglément.


Mourir de faim c’est aujourd’hui mourir de la guerre, en démontre la famine sans précédent dans le pays.


Selon les propres termes de l’ONU, le Yémen connaît la pire crise humanitaire au monde. Au regard des rapports d’experts onusiens, la coalition fait obstacle à l’acheminement de marchandises non militaires et de l’aide humanitaire. En réponse à un tir de missile Houthis intercepté près de Ryad [32], ce blocus apparaît difficilement être une contre-mesure, en effet on peut se poser la question de la proportionnalité de cette action non étatique. Par le blocage de l’aéroport de Sanaa et des ports postés en mer Rouge c’est plus de 750 600 tonnes de produits qui ont été détournées. La coalition s’appuie alors sur l’embargo et la résolution l’instituant, prétextant saisir des cargaisons interdites, pourtant parfaitement civiles.


Stratégie guerrière classique, affamer l’ennemi plutôt que de le combattre n’en est pas moins contraire au droit humanitaire.


En s’immisçant dans le processus humanitaire, la coalition fait subir de lourdes mesures de rétorsions aux Organisations Non Gouvernementales qui ne collaborent pas avec elle[33].


Pour Jean-François Corty, directeur des opérations internationales de Médecins du Monde :

« On peut parler de famine planifiée et si rien n’est fait il s’agira d’un crime de guerre » [34].

Déjà le 26 janvier 2016 un rapport d’experts de l’ONU avait épinglé la coalition, lui imputant 119 sorties des lois de la guerre. Sur 10 frappes aériennes analysées dans le rapport, les experts recensent la destruction de bâtiments résidentiels, de commerces, marchés, d’hôtels... En ce que rien n’indique que les 157 civils décédés (dont 85 enfants) n’aient perdu ce statut, la coalition a bafoué les principes de proportionnalité et de précaution. Aussi, les experts constatent au cœur de prisons montées par la coalition au Yémen : actes de tortures (passages à tabac, électrocution, suspension forcée, emprisonnement en cage), mauvais traitement, refus d’administrer les soins, ou disparitions forcées de détenus, soit autant de comportements contraires au droit international humanitaire et aux Conventions de Genève.


AP / HASAN JAMALI / Lors d'un briefing sur l'opération militaire menée par l'Arabie Saoudite et ses alliés au Yémen / Source : https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/04/14/l-onu-sanctionne-les-rebelles-houthistes-au-yemen_4615883_3218.html

Dans le silence le plus total de la communauté internationale, Amnesty international[35] continue de dénoncer ces crimes en mettant en évidence la désignation de villes à large densité comme cible militaire ou encore l’usage d’armes interdites par la communauté internationale.


La défense saoudienne est d’autant plus questionnable. Engagée dans une politique médiatique de démonstration de sa bonne foi, Ryad joue le malade bipolaire en étant aujourd’hui le plus grand donateur d’aide humanitaire au Yémen.


Selon les autorités saoudiennes elles mêmes, il serait question de plus de 597 millions de dollars via le centre du roi Salmane. Selon ces mêmes sources, l’Arabie Saoudite se félicite de la mise en place de la régularisation de yéménites entrés illégalement sur le territoire sunnite. Dès lors, le Royaume dément l’existence du blocus humanitaire, qui continue pourtant de favoriser la propagation du choléra et de la misère dans ce qu’il reste de l’Etat yéménite. Les Houthis associés aux forces du président Saleh, aujourd’hui décédé sous les coups des rebelles qu’il a trahis, bloqueraient délibérément les ressources dans l’idée de retourner l’opinion publique contre les Etats de la coalition arabe[36].


Pourtant, le blocus affame aveuglément, des rebelles en passant par les terroristes aux anciens soutiens du président Saleh.


Au cœur de ce qui pourrait s’apparenter à de la propagande anti-Houthis, Ryad se défend de ses manquements au droit humanitaire. A la fois martyre, bourreau et fournisseur d’aide humanitaire, l’Arabie selon ses propres dires ne serait pas imputable de ces crimes. Des centaines de civils « dommages collatéraux » seraient alors tombés sous les frappes de la coalition. Se défendant par le renseignement erroné d’un contact gouvernemental, ou encore de son ignorance de la présence d’un hôpital, d’un complexe résidentiel, d’une clinique mobile de médecins sans frontières, ou encore du principe du renversement de la protection légale des sites civils utilisés dans un objectif militaire (en l’espèce une école), l’argumentaire saoudien semble léger sur bien des dossiers.


Personne n’est innocent au Yémen : les rebelles Houthis et le gouvernement légitime.


Le droit humanitaire n’est pas seulement bafoué par Ryad, au cœur d’une guerre juridique, les Etats se renvoient la balle.


Ainsi, la coalition dénonce les attaques rebelles près de la Mecque et leurs violations répétées du droit international humanitaire. Selon un rapport onusien[37], les Houthis et les forces fidèles au président Saleh se sont livrés à des actes de tortures, de disparitions forcées, de relaxe sous rançon, d’échange de prisonniers, de prise d’otage[38], ou d’intimidation des travailleurs humanitaires. Des mines terrestres auraient été posées dans tout le pays, ayant pour conséquence la mort et la mutilation de centaines de civils. Selon le rapport de Human Rights Watch, le Yémen est incapable de recruter du personnel qualifié à déminer de façon systématique[39].


L’enrôlement d’enfants soldats comme boucliers humains, massacrés et mutilés dans les écoles est de principe au Yémen. Selon la porte parole du Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme, entre mars 2015 et janvier 2017, ce sont plus de 1 400 jeunes garçons qui ont été envoyé au feu. Le gouvernement légitime d’Hadi, soutenu par le Conseil de Sécurité est accusé quant à lui d’ouvrir des centres de détention illégaux, dont on ignore les pratiques. Aussi, la question de la responsabilité de protéger de cette force légale pourrait être questionnée.


UNICEF / CLARKE POUR UN OCHA / Un élève devant les ruines de son ancienne salle de classe détruite / Source : https://orientxxi.info/magazine/malgre-l-accord-de-stockholm-sombre-horizon-pour-le-yemen,2867

Le Yémen n’a pas ratifié le traité de Rome, l’éventualité d’une répression pénale pour les auteurs des infractions emportant la compétence de la Cour Internationale Pénale serait à oublier en l’absence d’une enquête portée par la procureure. Or le Yémen ne semble pas être la priorité de Fatou Bensouda. En cela, une plainte basée sur un fondement inédit a été déposée par l’association britannique Arab Organisation for Human Rights il y a déjà plus d’un an. Visant les mercenaires envoyés au Yémen par les Emirats Arabes-Unis (soit 1 500 hommes), la Cour n’a jamais eu à connaître de ce type d’acteurs et il semble peut probable qu’elle le fasse. Accusés de torture, d’utilisation d’armes prohibés et d’attaques indiscriminées contre des civils cette initiative pourrait être un précédent nécessaire à la réparation symbolique des dommages subis au Yémen [40].


En Septembre 2018 et pour la troisième fois, le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme réclamait l’établissement d’un mécanisme indépendant pour enquêter sur les violations commises au Yémen. Il conclut que les efforts tendant à établir les responsabilités pénales sont insuffisants.


La responsabilité morale, politique et légale des Etats fournisseurs d’armes à la coalition.


La Syrie, victime de cette même escalade régionale de la violence ouvre un autre débat, tout aussi essentiel. Elle dénonce le 29 juin 2015:

« L'hypocrisie de ces pays (...) ils ont dissimulés l’appui du régime saoudien au terrorisme (...) mais ils sont allés encore plus loin en couvrant les crimes de guerre commis par l’Arabie Saoudite au Yémen. En dépit de tout cela, aucun des États Membres qui s’étaient proclamés défenseurs des droits de l’homme et protecteurs des civils en Syrie n’a dit un mot pour condamner les pratiques saoudiennes » [41].

Associés à ces crimes, il faut questionner la responsabilité morale, politique et légale des Etats fournisseurs d’armes à la coalition [42]. Rendus complices de crimes prohibés par le droit international humanitaire, les occidentaux qui contribuent à l’effort de guerre consolident indirectement le blocus meurtrier.


Entre 2009 et 2016, les Etats-Unis ont inondé le marché saoudien en arme pour un total de 115 milliards de dollars [43], les britanniques ne sont pas très loin. Particulièrement impliqués, les planificateurs américains iraient même jusqu’à choisir les cibles de la coalition [44].


Alors que l’Allemagne a suspendu les transferts et que la Belgique l’envisage, la France (troisième pays exportateur d’armes, représentant 5% de l’armement saoudien) continue l’exécution de ses contrats violant ses engagements internationaux au regard du Traité sur les armes (TCA) de 2013 et la position commune (PESC) élaborée en 2008, aux termes desquels la vente d’arme est interdite lorsqu’un risque d’utilisation pour commettre ou faciliter des violations au droit international humanitaire sont présumées.


François Hollande puis Emmanuel Macron ont continué d’honorer le commerce d’armement établi avec l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Depuis le début du conflit, l’Etat français martèle de l’utilisation uniquement défensive de son équipement. Or, la divulgation par Disclose d’un document militaire confidentiel est la preuve de la connaissance par le Ministère des armées de l’utilisation offensive et massive de ces armements dans la commission de crimes internationaux. Notamment à l’occasion de raids dirigés contre des populations civiles.


Ces informations sont contredites par Madame la Ministre des armées Florence Parly [45].


Les exportations d’armes et le halo de secret qui les entoure sont de tradition française. Contrairement à ses voisins espagnol, allemand ou danois, le parlement français n’a jamais connu de discussion relative à cette problématique [46].


Malgré l’alerte lancée par différentes associations, l’idée d’un embargo à destination de l’Arabie semble irréalisable face aux intérêts économiques en jeu [47]. La sagesse du principe de non ingérence semble avoir été vendu.



Le sacrifice yéménite non assumé est alors réalisé. Menacé, l’ancien Secrétaire Général Ban Ki-Moon avait lui même fini par retirer l’Arabie de la liste onusienne des pays violant les droits de l’enfant après l’avoir placé. Dans un monde plus belliqueux que jamais, s’indigner face à ces crimes semble être un vain combat.


Julia Lembo

[1] Propos d’ouverture du reportage ARTE, Yémen, le chaos et le silence, réalisé par François-Xavier Trégan, 2017.


[2] HAMMOUDI (A), LEVEAU (R), Monarchies arabes : transitions et dérives dynastiques, La documentation française, 2002, 286 pages


[3] GUIDERE (M), Le choc des révolutions arabes : de l’Algérie au Yémen, Autrement, 2012, 263 pages.


[4] GRABUNDZIJA (M), Yémen : morceaux choisis d’une révolution, L’hamarttan, 2015, 374 pages.


[5] LEVALLOIS (A), Iran / Arabie Saoudite : une guerre froide, L’hamarttan, 2016, 210 pages.


[6] DORLIAN (S), La mouvance zaydite dans le Yémen contemporain : une modernisation avortée, L’Hamarttan, 2015, 260 pages.


[7] STOLERU (D), « Au Yémen, une guerre que l’Occident ne veut pas voir », Le Monde, 25 mars 2017


[8] JOLLY (P), « En Syrie comme au Yémen, la santé publique utilisée comme arme de guerre », Le Monde Proche-Orient, 5 avril 2017.


[9] SHARP (J), « Yemen : Background and U.S relations », Congressionnal Research Service, 11 février 2015, 37 pages.


[10] FRISON-ROCHE (F), « Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire », Politique Etrangère, Hiver 2017, 244 pages.


[11] Déclaration du gouvernement iranien au journal Reuters, 22 mars 2017.


[12] Résolution 2014 du 21 octobre 2011, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 6634ème séance.


[13] FRISON-ROCHE (F), « Transition et négociation au Yémen, le rôle de l’ONU », note de l’IFRI, octobre 2015.


[14] Résolution 2051 du 12 juin 2012, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 6784ème séance.


[15] AMIOT (A), « Le conflit au Yémen : entre mal gouvernance et ingérence étrangère », 25 juillet 2017


[16] Résolution 2140 du 26 février 2014, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 7119ème séance.


[17] Notamment les Résolution 2204 du 24 février 2015, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 7390ème séance et Résolution 2201 du 15 février 2015, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 7382ème séance


[18] Résolution 2216 du 14 avril 2015, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 7426ème séance.


[19] WECKEL (P), « Yémen : Le Conseil de Sécurité de l’ONU face au chaos », bulletin 433 sentinelle du droit internationale, 10 mai 2015.


[20] Résolution 2266 du 24 février 2016, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 7630ème séance, Résolution 2342 du 23 février 2017, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 7889ème séance, Résolution du 26 février 2018, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 8190ème séance : reconduisant la politique jusqu’au 26 février 2019.


[21] Letters from president Hadi (Permanent representative of Qatar to the United Nations) addressed to the Secretary –General and the President of the Security Council, 26 mars 2015


[22] Résolution 2451 du 21 décembre 2018, Conseil de Sécurité des Nations-Unies, 8439ème séance.


[23] Le Monde, « Le Conseil de Sécurité décide d’envoyer des observateurs de l’ONU au Yémen », 21 décembre 2018.


[24] Capital, « Au Yémen, le port de Hodeida asphyxié par un blocus de facto », 25 mars 2018.


[25] Le Monde, « Au Yémen, les rebelles houthistes ont commencé à évacuer le port d’Hodeida », 12 mai 2019.


[26] Rédacteurs du Moon of Alabama, « It’s foreign greed and delusion that kills yemeni children », 9 février 2017


[27] Rapport final du Groupe d’Experts sur le Yémen, établi en application du paragraphe 6 de la résolution 2342 du 23 février 2017, 26 janvier 2018, ONU.


[28] Ministère des Affaires Etrangères saoudien, Rapport « L’Arabie Saoudite et le conflit au Yémen », avril 2017 (document politisé et non signé mais dont le sceau correspond à celui du ministère précité).


[29] BECKERLE (K), « Le prince saoudien doit répondre des atrocités commises au Yémen », Huffpost, 18 mars 2018.


[30] BONNEFOY (L), auteur du Yémen : de l’Arabie heureuse à la guerre, Fayard Paris, 2017, « Enlisement saoudien au Yémen », Le Monde Diplomatique, décembre 2017.


[31] Selon le Département américain de la Sécurité intérieure, cette filiale est la « plus susceptible » d’attaquer les Etats-Unis.


[32] AFP, « La coalition allège le blocus au Yémen, mesure insuffisante selon l’ONU », Le Point International, 11 novembre 2017.


[33] FRISON-ROCHE (F), « Yémen un conflit à huit-clos », alternatives humanitaires numéro 4, mars 2017, p. 12-33.


[34] DAOU (M), « Blocus au Yémen, si rien n’est fait il s’agira d’un crime de guerre », 3 février 2018, interview donnée pour France 24.


[35] Amnesty International, Des bombes tombent tous les jours, rapport du 7 octobre 2015.


[36] Ministère des Affaires Etrangères saoudien, op. cit. 27.


[37] Groupe d’experts, op. cit. 26.


[38] HENCKAERTS (JM), DOSWALD-BECK (L), Droit International humanitaire coutumier, Volume I : Règles, Règle 96 : la prise d’otage, Règle 97 : les boucliers humains, Règle 98 : les disparitions forcées,Bruylant, 2006, CICR, p. 441-450.


[39] Human Rights Watch, Rapport mondial 2018 – chapitre Yémen, 2018.


[40] MATHIEU (L), BRAFMAN (J), « Crimes de guerre au Yémen, la Cour Pénale Internationale saisie », Libération, 27 novembre 2017.


[41] FABRI (P), « La coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, Positions des Etats », mars 2015.


[42] BASTIÉ (E), « Au Yémen, des crimes de guerre dans l’indifférence », Le Figaro, 15 octobre 2015.


[43] WEARING (D), « A shameful relationship : UK complicity in Saudi state violence », Campaign against arms trade, avril 2016.


[44] SOUBROUILLARD (R), « Yémen, comment Washington et Paris soutiennent l’Arabie Saoudite », Marianne, 11 avril 2015.


[45] Le Monde, « Une note ‘confidentielle défense’ détaille l’emploi des armes françaises au Yémen », 16 avril 2019.


[46] Le Monde, « En France, la transparence sur les exportations d’armes est quasi inexistante », 16 avril 2019.


[47] Human Rights Watch, Rapport « Yémen : imposer un embargo sur les armes à destination de l’Arabie Saoudite », 21 mars 2016


POUR CITER : LEMBO J., "Le chaos yéménite: une population au coeur de l'impasse internationale", Hestia - Promouvoir les droits humains, Dossier, Lyon, publié le 17 mai 2019 (en ligne : https://www.hestiapdh.com/post/le-chaos-yéménite-une-population-au-coeur-de-l-impasse-internationale).




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